Si vous comptiez démissionner et avoir droit au chômage il vaut mieux l’oublier

Si vous comptiez démissionner et avoir droit au chômage il vaut mieux oublierVous souhaitiez effectuer une formation, pour cela il vous fallait quitter votre emploi. La promesse du gouvernement Macron de pouvoir démissionner et avoir droit au chômage s’est, malheureusement, transformée en un chemin de croix que bien peu seront capables d’accomplir…



Pour pouvoir bénéficier de l’allocation chômage après une démission, promesse phare de Macron, il faudra remplir un grand nombre de critères, excluant un bon nombre de salariés. Au final, à peine plus de 2% des démissionnaires devraient en profiter.

“Nous ouvrirons les droits à l’assurance chômage aux salariés qui démissionnent” : sur le papier, la promesse inscrite dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron avait de quoi faire rêver bon nombre de Français, sachant qu’environ 1 million de salariés rompent ainsi leur contrat de travail chaque année…

L’accord consacré à l’assurance chômage que viennent de trouver les partenaires sociaux, jeudi 22 février, ne table que sur “14.000 à 23.000 salariés” démissionnaires indemnisés chaque année. Soit, tout au plus, 2,3% du million de travailleurs déjà évoqué : autant dire, pas grand monde.

Alors pourquoi un tel recul comparé à l’ambition de base du président de la République ?

“Les critères” répondent en choeur les partenaires sociaux. Très concrètement, pour bénéficier de l’indemnisation chômage après une démission, il faudra justifier au minimum d’une ancienneté ininterrompue de sept ans dans l’emploi, c’est-à-dire que toute période de chômage sur la même durée vous exclura de fait de toute indemnisation.

Des conditions bien plus strictes que les “5 ans” annoncés au départ. L’accord prévoit par ailleurs que le démissionnaire devra présenter un “projet d’évolution professionnelle prenant la forme d’un projet de reconversion nécessitant une formation”, sachant que le sérieux du projet sera évalué en amont par une “instance paritaire”.

“Il n’y a jamais eu de chiffrage sérieux de cette mesure”

La question qui brûle les lèvres est, alors, pourquoi les partenaires sociaux ont-ils multiplié les critères ? Pourquoi ont-ils créé une mesure au rabais ? Le “coût” du dispositif vous répondront-ils, de nouveau, en choeur.

Pour rappel, pendant la campagne présidentielle, En Marche estimait à 1,5 milliard d’euros annuel le financement de cette nouvelle indemnisation. En octobre dernier, l’Unedic prévoyait un budget d’application de 8 à 14 milliards d’euros la première année, et de 3 à 5 milliards les années suivantes.

C’est finalement une estimation bien plus faible qui est retenue dans l’accord des partenaires sociaux : entre 180 et 330 millions d’euros, précisant que vu l’accumulation de critères, c’est plutôt la fourchette basse qu’il faudra retenir.

“Nous étions au départ pour une indemnisation qui bénéficierait au plus grand nombre. Mais cela aurait nécessité d’augmenter les cotisations pour financer le dispositif. Et le Medef y était totalement opposé”, explique Denis Gravouil, négociateur assurance chômage pour la CGT.

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