Quotidien

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Quotidien

J’ai les doigts qui gratouillent depuis quelques jours parce que je n’ai pas écrit un traitre mot pour m’évader de la laideur ambiante du monde !

N’ayant pas un sujet d’inspiration sous la main, je me laisse guider par les mots, emporter par le rythme des phrases vers une destination improvisée.

Dodo, métro, boulot, que puis-je extraire de ce schémas assommant, trop terre à terre, trop commun sinon que l’obstination d’une essence vivante qui veut absolument éclore au beau milieu d’un non sens sans nom !

Nuit sans rêves, réveil à la va vite, café et dérivé addictif… Je fais quand même attention de saisir la brosse à dents de la main gauche pour faire différent, machinalement démarrer la voiture, tenter de prendre une nouvelle ruelle, en vain, je n’ai pas tellement le choix ! Je débarque au parking du lycée, j’ai failli oublier d’enfiler ce tablier blanc, celui là même que les médecins, les pharmaciens, sorciers adeptes de la magie noire, les bouchers, les laborantins, les concierges… Mettent… J’ étais sans manches et ce n’est pas faisable d’être en classe comme ça ! Et puis du bruit… Un brouhaha sans tête ni queue, un second café que j’avale, la classe… et dans ma tête ce refrain incessant ” tout cela n’est pas réel, tout cela n’est pas réel….”

Curieusement,la classe c’est toujours un moment de répit, j’adore leurs grands yeux ouverts face à ma spontanéité peut être?
En tout cas avec eux je me sens plus ou moins bien ; rien à prouver, rien à démontrer, rien à expliquer à part une langue qui véhicule la véritable nature des choses, et ça les intéresse malgré leurs difficultés.

Midi, les embouteillages, les pensées qui m’assomment ! Je téléphone à la maison, ils étaient tous là, mais rien de prévu ou de fait pour le déjeuner ! la queue devant un fast-food pour servir mon monde et puis à peine rentrée, je repars, je me tape encore une fois un embouteillage monstre, le parking,le lycée, et ce tablier qui traîne sur le siège à côté et que j’ai failli encore oublier de mettre, le bruit sans fin, un verre de thé, la classe, la voiture, les embouteillages, escale à la maison, les courses pour les humains, les chats et les chiens… Je tiens toujours debout, je fonctionne et je fonctionnerai sans âme, mais pour combien de temps encore ?

Demain est un autre jour… Semblable est celui-ci, mais entre temps j’aimerais que Morphée m’entraine dans la vraie vie, celle où je vole, celle où je voyage à la vitesse de la lumière, celle ou je rencontre ceux que j’aime, celle où on m’entraine sur des plans où je ne suis plus que joie, amour et énergie, une dimension qui me dépossède de ma peau et me revêt de toute la splendeur de ma lumière !

Faten

Source

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