Faut-il donner de l’argent de poche à son enfant ?

Faut-il donner de l’argent de poche à son enfant ?

Les parents ont toutes les compétences pour transmettre leurs convictions sur ce sujet, si tant est qu’ils en parlent avec leur enfant. Certains se diront que ce discours relève de la compétence du banquier qui ouvrira le premier compte de leur enfant devenu adolescent. Mais cette éducation commence bien plus tôt ! L’exemple que l’on donne à ses enfants joue un rôle important sur la perception qu’ils en ont : considère-t-on l’argent comme un maître ou comme un serviteur ?
comme un but ou un outil ? Sommes-nous généreux ? Il est également important de prendre le temps d’en parler. De répondre à notre enfant pourquoi on ne lui achète pas systématiquement tel ou tel gadget. D’expliquer en quoi ce pantalon, qui vaut à lui tout seul quatre plein de courses, est cher. De l’aider, en d’autres termes, à rentrer dans le réel.

Faut-il donner de l’argent de poche ?

Les Français sont les deuxièmes plus gros donateurs d’argent de poche en Europe, selon une étude Ipsos réalisée en 2014 pour la banque ING Direct, juste derrière les Italiens.

Le budget des petits français commence à partir de deux euros par semaine en maternelle, et double tous les cinq ans pour atteindre 20 euros par semaine en moyenne au lycée.

De manière générale si l’on veut donner de l’argent de poche, on peut commencer en CM2 – 6ème, car à cet âge, les enfants commencent à avoir conscience de la valeur des choses et sont capables d’épargner, bien que cela dépende aussi des caractères.
Cependant, donner de l’argent de poche ou pas est un choix très personnel qui comporte des avantages – apprendre à gérer un budget -, mais également des pièges, que seul un accompagnement exigent peut éviter.

Allouer une petite somme d’argent chaque mois ou chaque semaine à son enfant est sans aucun doute formateur.
Cela lui apprend à gérer ses ressources, à percevoir le coût des choses, à faire ses propres expériences et à renoncer à la satisfaction immédiate de son désir lorsqu’il doit attendre le mois suivant pour acheter l’objet de ses rêves. Cependant, la position du parent est délicate : d’un côté l’argent a été donné donc il n’a plus son mot à dire, mais de l’autre, il est important d’accompagner l’enfant dans ses dépenses. Ceci peut se faire en posant des questions : est-ce bien utile de te racheter un troisième pantalon rose ?

Donner de l’argent de poche est instructif seulement s’il y a une vraie pédagogie derrière. Il est important d’observer des règles précises : donner régulièrement, et la même somme, ne pas faire de chantage affectif (diminuer la somme si l’enfant a eu une mauvaise note par exemple), ne pas dévaluer la notion de service rendu gratuitement à la maison, ne pas utiliser l’argent de poche comme un moyen de pression. Et autre question délicate à résoudre : combien donner par mois ?