Robotisation : l’Asie mène la danse

La robotisation croissante du marché du travail inquiète certains et cela peut se comprendre. Dans un contexte de chômage élevé, beaucoup de travailleurs craignent aujourd’hui de voir des robots venir les remplacer à des postes ou des humains ne sont pas une absolue nécessité. Pourtant selon le rapport publié par l’Information Technology and Innovation Foundation (Itif), l’Europe et les États unis sont loin derrière l’Asie en termes de robotisation. Et la tendance risque d’être délicate à inverser.

 

Ce rapport s’appuie sur les données publiées chaque année par la fédération internationale de robotique qui publie des statistiques sur l’évolution des robots à travers le monde. L’un des critères retenus par les auteurs de l’étude est le nombre de robots par tranche de 10000 travailleurs. Ce chiffre permet d’évaluer l’évolution de la robotisation des industries d’un pays : le taux moyen en 2017 était évalué à 85 robots pour 10 000 travailleurs, un chiffre en évolution de 15 % par rapport à l’année précédente.

Parmi les pays comptabilisés dans l’étude, la Corée du Sud est largement en tête du classement avec 710 robots pour 10 000 travailleurs.  Derrière suivent Singapour (658 robots pour 10 000 travailleurs) et l’Allemagne (328 robots pour 10 000 travailleurs).

Pas tous egaux face aux robots

Dernier de la liste, l’Inde qui compte seulement 3 robots pour 10 000 travailleurs.
Les facteurs favorisant la robotisation d’un pays sont variés, écrivent les auteurs du rapport, mais ils remarquent néanmoins que les robots présentent plus d’intérêt dans les pays où la main-d’œuvre qualifiée est payée cher, bien plus que dans des pays où la main-d’œuvre manufacturière est largement disponible. C’est selon les auteurs le critère qui explique la robotisation moindre de pays comme l’Inde. Mais ce facteur n’est pas le seul à entrer en jeu : les auteurs du rapport remarquent ainsi que si l’on s’appuyait sur ce constat, les robots devraient être largement plus présents en Europe. Or seule l’Allemagne semble vraiment prendre le tournant de la robotisation et comme le montrent les auteurs du rapport, le taux de robotisation des pays occidentaux est inférieur à celui auquel on pourrait s’attendre au vu de leur PIB.

On peut y voir, comme les auteurs du rapport, un mauvais présage pour l’économie européenne qui peine à se moderniser ou bien une réaction finalement assez naturelle de la part des pays industrialisés qui abandonnent peu à peu le secteur d’activité industriel et manufacturier au profit d’une économie du service. Chacun son interprétation, mais comme le font remarquer les auteurs du rapport, la robotisation est d’ores et déjà un facteur essentiel en matière de gain de productivité.

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