Explosion de la rue de Trévise : comment est contrôlé le réseau de gaz à Paris ?

 

Un élu parisien d’opposition a dénoncé l’état du réseau de gaz dans la capitale, après l’explosion qui a causé la mort de quatre personnes, dont deux pompiers.

Par Nabil Wakim Publié aujourd’hui à 19h03, mis à jour à 19h11

Temps de Lecture 3 min.

Le croisement de la rue Sainte-Cécile et de la rue de Trévise après l’explosion qui a fait quatre morts, samedi 12 janvier.
Le croisement de la rue Sainte-Cécile et de la rue de Trévise après l’explosion qui a fait quatre morts, samedi 12 janvier. CARL LABROSSE / AFP

Quatre morts, une cinquantaine de blessés et un quartier durement touché : la violente explosion d’un immeuble, rue de Trévise, dans le 9arrondissement de Paris, samedi 12 janvier, s’est soldée par un bilan très grave.

La cause de l’explosion n’est pas encore connue, mais un élu parisien d’opposition a mis en cause l’état du réseau de gaz de la capitale, estimant qu’il était dans un état vétuste. Une affirmation fortement dénoncée par GRDF, chargé de la distribution du gaz en France, et la Ville de Paris, qui possède le réseau parisien.

Lire : A Paris, le mystère d’une explosion au gaz dévastatrice
  • Qu’est-ce qui peut causer une explosion liée au gaz dans un bâtiment ?

Le cas le plus fréquent est celui d’une bonbonne de propane ou de butane. Mais le gaz peut aussi être un facteur aggravant lors d’un incendie qui a déjà démarré dans un bâtiment.

Une fuite peut causer une explosion si le gaz s’accumule dans une pièce ou un local. Si le pourcentage de gaz est supérieur à 5 % dans l’atmosphère du local, le risque d’explosion en cas d’étincelle est réel. Ce type de cas est néanmoins très rare, selon GRDF, chargé de la distribution du gaz en France. Il est possible que ce scénario soit celui qui ait causé l’explosion de la rue de Trévise.

  • Les fuites sont-elles courantes à Paris ?

Selon GRDF, environ 10 000 interventions de sécurité ont eu lieu en 2017 à Paris, l’immense majorité de ces fuites ou odeurs de gaz étant sans gravité. Plus de 6 000 ont eu lieu directement sur le réseau ou les installations du distributeur et 4 000 concernent l’intérieur des logements.

Une centaine de ces fuites ont fait l’objet d’une procédure renforcée. « Quand on regarde l’historique des accidents de gaz, on s’aperçoit que 99 % des accidents se produisent à l’intérieur des logements, et qu’il s’agit le plus souvent d’intoxications au monoxyde de carbone », note Christian Buffet, directeur exécutif de GRDF.

  • Comment le réseau est-il contrôlé ?

La tâche de maintenance et de modernisation du réseau est assurée par GRDF, qui l’exploite via un contrat de concession avec la Ville de Paris. Le distributeur l’entretient et le contrôle de trois manières différentes.

Une logique de maintenance en fonction des risques. GRDF analyse les dangers possibles et procède à des visites dans les immeubles tous les cinq ou dix ans en fonction du profil des bâtiments ou du matériel. En amont, il a aussi pour tâche de s’assurer que les robinets qui alimentent tout un immeuble sont toujours accessibles et qu’ils ne sont pas grippés, notamment en cas d’incendie. Le réseau urbain est, lui, surveillé par des véhicules qui repèrent des traces de gaz et évaluent l’importance de la fuite. A Paris, GRDF consacre environ un million d’euros par an à ces tâches.

Une modernisation progressive du réseau. Là aussi, GRDF identifie en priorité les endroits considérés comme les plus risqués pour les rendre prioritaires dans le remplacement des conduites. C’est, par exemple, le cas sur les conduites en plomb qui se trouvent parfois dans les caves des bâtiments à Paris. 14 000 immeubles ont ainsi vu ces conduites remplacées durant les vingt dernières années. En 2017, à Paris, 53 millions d’euros ont été investis pour refaire les réseaux, dont 70 % pour améliorer leur sécurité, a précisé GRDF au Monde.

Une chaîne d’intervention rapide. A Paris, 25 techniciens se relaient pour être disponibles 24 heures sur 24 et pouvoir intervenir en cas de fuite. Ils interviennent parfois de concert avec les pompiers, aussi bien sur le réseau de distribution qu’à l’intérieur des logements, même si les tuyauteries dans les domiciles ou les commerces ne sont pas sous la responsabilité de GRDF. Selon le distributeur, 99 % des interventions ont lieu en moins d’une heure.

  • Comment réagir en cas de fuite de gaz ?

En cas d’odeur de gaz, GRDF conseille avant tout de ventiler au maximum les lieux, en ouvrant grand portes et fenêtres. Ensuite, d’essayer de couper l’arrivée de gaz. Puis de quitter son logement en évitant d’utiliser des appareils électriques (téléphone, ascenseur). En cas de doute, il est recommandé d’appeler les pompiers au 18 ou les urgences gaz au 0 800 473 333.

Pour éviter tout problème, il est recommandé de faire entretenir régulièrement sa chaudière, de ne pas boucher les entrées d’air et les ventilations et de contrôler régulièrement le flexible entre les tuyauteries et la gazinière.

Nabil Wakim

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