Le rêve américain d’OVH et des éditeurs français de logiciel

 

De Roubaix à Dallas. L’acteur français du Cloud appuie sur l’accélérateur dans son développement à l’international. OVH disposait déjà de bureaux et de centres informatiques aux Etats-Unis. L’entreprise y dépêche à présent son président et fondateur, Octave Klaba.

« Finalement c’est à Dallas, au Texas, que je vais habiter en 2019 avec ma famille. Ma 4eme vie chez OVH a commencé ce matin. Une team incroyable, le marché incroyable, plein de monde à rencontrer et developper OVH aux USA .. bien sûr on continue vGAFAM .. juste Paris devra attendre » écrit-il sur Twitter.

Dallas, ton univers impitoyable

D’autres éditeurs français l’ont précédé et ont réussi. Et les acteurs nationaux du numérique ont besoin de se développer à l’international pour grandir, sans nécessairement devoir pour cela renoncer à leur indépendance. Comme l’illustrait l’édition 2018 du classement Top 250, les éditeurs français sont certes rentables, mais s’exportent peu.

Ainsi, parmi les éditeurs de moins de 5 millions de chiffre d’affaires, l’international pèse moins de 15% de leurs revenus. Mais même parmi les entreprises de moins de 100 millions d’euros de CA, la France continue de représenter en moyenne plus de 60% des recettes.

L’international, et en particulier les Etats-Unis, beaucoup d’éditeurs en rêvent. Et c’est un rêve qui peut rapporter gros. « Nous sommes partis il y a cinq ans aux Etats-Unis, mais nous n’y sommes pas allés seuls. Investir aux Etats-Unis nécessite des fonds. Nous avons été accompagnés par le fonds d’investissement Ardian (…) Le marché américain est de loin le plus important en termes de dépenses dans le monde de la tech » témoigne le directeur général EMEA d’Ivalua, Franck Lheureux.

Spécialiste des solutions d’achat et de sourcing, Ivalua réalise 53 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 68% à l’international. Et si l’entreprise s’est lancée aux Etats-Unis, c’est car ce pays héberge le plus grand nombre de clients cibles, à savoir des sociétés de plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires.

Après une implantation réussie en Amérique du Nord, Ivalua revient à présent en Europe pour y développer ses solutions (principalement en SaaS). L’éditeur espère ainsi atteindre les 100 millions d’euros de recettes d’ici 16 à 18 mois.

Mais si encore peu d’éditeurs français se lancent n’est-ce pas avant tout pour une question de coûts ? L’argent est nécessaire, oui. D’ailleurs, l’entrée au capital de fonds internationaux constitue souvent un bon point de départ.

Partir aux Etats-Unis puis revenir en Europe

« L’arrivée chez un éditeur d’un fonds international rime souvent avec internationalisation du business. Nous avons aussi en France, de plus en plus de fonds capables d’accompagner leurs participations à l’international. Parallèlement, les montants des levées de fonds augmentent » souligne Jean-Christophe Pernet, associé chez EY.

Pour le président de Syntec Numérique, Godefroy de Bentzmann, les éditeurs français ont également besoin avec l’Europe, comme les géants américains, de disposer d’un marché unique pour se développer hors de leurs frontières.

« La première des priorités, c’est de faire qu’en Europe nous ayons un marché unique. Pour les éditeurs aujourd’hui, le challenge, c’est moins le financement et la fiscalité que le sujet du marché unique. C’est la libre circulation des données. »

Pour accompagner les entreprises à l’exportation, l’Etat français a mis sur pied un système de guichet unique baptisé Team France Export, consistant en un rapprochement de Business France et des CCI françaises et internationales. Syntec Numérique aide par ailleurs ses adhérents à identifier les dispositifs disponibles, « aujourd’hui sous-utilisés ».

De quoi peut-être aider Wallix, « en plein développement international », comme l’explique son président fondateur, Jean-Noël de Galzain. L’international est ainsi aujourd’hui son « activité à 110%. » Et le dirigeant le confirme, il existe une problématique de marché unique.

« Nous sommes obligés de faire un parcours beaucoup plus onéreux pour réussir dans différents pays européens. Ce qui conduit à beaucoup de réussite, à mon avis, c’est de commencer à s’américaniser. Un éditeur français qui veut réussir globalement a intérêt à s’américaniser assez rapidement, pour revenir ensuite dans certains pays européens. »

Et pour Jean-Noël de Galzain, « ce n’est pas une question d’argent. On arrive aujourd’hui à lever de l’argent sur des belles histoires. » L’éditeur de solutions de sécurité espère d’ailleurs que le RGPD deviendra à l’avenir un « atout » pour ces belles histoires.

L’international, « pas une question d’argent »

Néanmoins, de l’argent il en faut, reconnaît le PDG. Et ces fonds seront investis dans l’écosystème, essentiel selon lui. Dans différents marchés, comme l’infrastructure, des alliances avec des grands acteurs technologiques s’imposent. Ces accords permettront ensuite d’être retenus par les intégrateurs et distributeurs mondiaux.

« Il faut aller chercher ces alliances là où elles se trouvent, en Israël, aux Etats-Unis, etc. Et cela, ça coute de l’argent parce qu’il faut s’installer sur place, consacrer des équipes, mettre beaucoup de moyens marketing pour les porter à la connaissance du monde entier. Et l’écosystème est quand même largement américain aujourd’hui dans le numérique. Et nous éditeurs français, nous devons nous lier à cet écosystème pour revenir ensuite en Europe. »

Pour Ori Pekelman, co-fondateur Platform.sh, lauréat du prix International du Top 250, il est cependant possible de s’implanter aux Etats-Unis sans se ruiner. « Oui, ça coûte très très cher d’embaucher des développeurs à San Francisco. Mais je peux vous assure qu’à Atlanta, à Salt Lake City ou à Jackson dans le Michigan, trois villes où j’emploie des développeurs, ça ne coute pas très cher. »

Cette question n’a d’ailleurs pas échappé à OVH. Si l’acteur français de l’infrastructure a choisi Dallas, c’est notamment car il s’agit d’un grand bassin d’emploi dans le secteur IT où « le coût de la vie est intéressant », comme le confie l’entreprise à LMI. Le niveau des impôts et taxes au Texas, en comparaison des montants en Californie, serait un autre argument en faveur de ce choix.

Pour Ori Pekelman, tout est une question d’approche. Différentes options s’offrent aux éditeurs. La dimension internationale de l’éditeur devrait peut-être même être pensée dès l’origine de la société. « Lorsque nous nous sommes lancés, nous n’avons pas fait de distinction entre marché français et européen. Il y avait le marché (…) Le marché du logiciel est global (…) Notre premier marché aujourd’hui est le marché américain, et l’a toujours été. »

Ainsi, cette sensibilité internationale se retrouve au niveau de l’équipe dirigeante de Platform.sh puisque le fondateur est basé aux US, comme le directeur technique. Le directeur commercial réside à Londres; le directeur Produit à Paris; le directeur du service client à Cologne et la directrice des opérations en Finlande…

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