Non, le gouvernement n’augmente pas les prix du Ricard et de « centaines d’articles » de 10 %

Alerte sur les prix des produits alimentaires ? « Une nouvelle loi » du gouvernement va faire augmenter de « 10 % » les tarifs de « centaines d’articles » en grande surface à partir du mois de février, à croire une rumeur populaire sur Facebook ces derniers jours. Mais ces publications, qui citent notamment le prix de la bouteille de Ricard ou celui du café, déforment largement la réalité. Explications.

Ce que dit la rumeur

Tout est parti d’un cliché présenté comme ayant été pris dans le magasin E. Leclerc de Lanester (Morbihan) – contacté, le magasin n’a pas, pour l’heure, donné suite à nos sollicitations. A l’image, on voit une pancarte dénonçant une « nouvelle loi de notre président Macron ». A cause d’elle, il y aura un « nouveau prix minimum de vente majoré de 10 % » à partir du 1er février 2019 « sur des centaines d’articles », à en croire ce message, qui livre deux exemples :

  • « Le litre de Ricard se vendait à 18,22 euros, et passera à 20,02 euros » ;
  • « Le café Carte Noire se vendait à 5,69 euros et passera à 6,26 euros ».
Facebook

Alors, « pourquoi la presse reste-t-elle silencieuse ? », conclut la pancarte. cette publication a été partagée environ 8 000 fois en deux jours sur le groupe Facebook Gilet jaune : Lorient 56 BZH. Il a également été publié sur de nombreux autres groupes et pages, et même repris dans des forums de discussion ainsi que sur le site L’échelle de Jacob (une source qui nous apparaît peu fiable dans le Décodex).

POURQUOI C’EST TROMPEUR

1. Pas de « hausse de 10 % des prix », mais un encadrement des marges des distributeurs

Cette pancarte ne précise pas de quelle « nouvelle loi » il serait question. Et, de fait, aucune hausse de taxes sur les boissons alcoolisées ou le café n’est prévue pour février 2019. En revanche, un nouveau règlement qui concerne les produits alimentaires entrera bien en vigueur à la date du 1er février 2019. Il s’agit d’une disposition de la loi du 30 octobre 2018 sur l’agriculture et l’alimentation (EGalim), qui a notamment pour objectif de mieux rémunérer les agriculteurs.

Pour cela, l’article 15 du texte prévoit d’encadrer les prix de vente des produits alimentaires, en contraignant les distributeurs à fixer un prix d’au moins 10 % supérieur au prix d’achat. Mais attention : les seuls produits qui verront leur prix augmenter à ce titre sont ceux qui ont aujourd’hui une marge très réduite. Surnommés « produits d’appel », ils représentent environ 7 % des produits alimentaires, selon l’argumentaire du gouvernement.

2. La quasi-totalité des marges sont déjà supérieures à 10 %

Le ministère de l’agriculture assure même que l’opération sera au final indolore ou presque pour le consommateur, car les marges des 93 % des produits restants auront vocation à baisser en contrepartie. Ce qui – et c’est tout l’enjeu de la loi – permettrait dès lors de « rééquilibrer les marges des distributeurs » en les rendant plus homogènes d’un produit à l’autre, et en donnant du champ pour mieux rémunérer les agriculteurs.

Une chose est sûre : un magasin ne peut en aucun cas être rentable en vendant tous ses produits à prix coûtant. Un produit d’appel cache donc forcément d’autres produits avec des marges plus élevées. Or, les produits d’appels aux marges réduites ne sont bien souvent pas des produits agricoles, ce qui fait que ces derniers sont frappés de marges commerciales plus importantes, qui accentuent la pression des prix sur les agriculteurs. A ce titre, une étude de l’UFC-Que choisir a même montré en 2017 que les marges sur les fruits et légumes bios sont à elles seules souvent supérieures au prix payé au producteur.

Anticipant par avance les potentielles critiques sur les conséquences de cette nouvelle réglementation, le gouvernement a promis un mécanisme de suivi de celle-ci. Elle ne sera ainsi pérennisée « que si elle atteint l’objectif visé, à savoir une meilleure rémunération des producteurs et une amélioration de l’offre proposée au consommateur », après une expérimentation de 2 ans.

Par ailleurs, ce texte encadre aussi les promotions pratiquées par la grande distribution, notamment en réaction aux « super promo » sur des produits comme le Nutella, décriées par une partie du secteur de la grande distribution.

3. Ce qui est fini, c’est le Ricard à prix coûtant

Pour bien comprendre les contraintes de prix introduites par la loi EGalim, revenons-en à cette bouteille de Ricard d’un litre, vendue jusqu’à présent à 18,22 euros à en croire la rumeur. Dans cet exemple, soigneusement choisi par la personne qui a conçu la pancarte, la boisson alcoolisée serait vendue à prix coûtant par le distributeur, sans aucune marge. C’est-à-dire que celui-ci ne fait aucun bénéfice dessus, l’utilisant comme produit d’appel.

C’est dans ce cas de figure que la loi EGalim intervient : désormais, le « petit jaune », comme n’importe quel produit alimentaire, devra faire l’objet d’une marge de 10 %, ce qui fera passer son prix à 20,02 euros. Une hausse de prix de 10 %, donc, mais qui ne concernerait que 7 % des produits. Le raisonnement est identique pour le paquet de café à 5,69 : une telle hausse de 10 % ne peut être observée que dans le cas d’un produit vendu jusqu’à présent sans marge du distributeur.

A l’inverse, les 93 % des produits restants (par exemple, l’écrasante majorité des fruits et des légumes) sont vendus avec des marges qui dépassent les 10 %. La loi EGalim n’entraînera aucune hausse des prix pour ces produits, et même une légère baisse, espère le gouvernement.

Décodex : nos outils contre les fausses informations

Adrien Sénécat

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