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Le fonds en euros soutient la dynamique de collecte de l’assurance-vie

Le fonds en euros soutient la dynamique de collecte de l’assurance-vie

Après une année noire en 2020, la dynamique de reprise de collecte sur l’assurance-vie se confirme depuis le début de l’année. La collecte nette sur le placement financier favori des Français est en effet à nouveau positive en mars, et ce pour le quatrième mois consécutif, à hauteur d’un milliard d’euros, selon les chiffres de la Fédération française de l’assurance (FFA).

Avec une collecte nette cumulée de 4,4 milliards sur le premier trimestre, l’assurance-vie revient sur des rythmes de collecte plus conformes aux années passées, sans atteindre toutefois les niveaux records de 2019 ou 2016.

Pourtant, avec 12,7 milliards d’euros de collecte brute, « l’assurance-vie enregistre sa plus forte collecte historique pour un mois de mars », observe le cabinet Facts & Figures. Ce qui dénote à la fois l’appétence retrouvée des épargnants pour ce produit, mais également une réouverture par les assureurs des fonds en euros, qui concentrent 8 milliards de collecte brute en mars. De quoi soutenir la collecte globale de l’assurance-vie, un phénomène que l’on constate également sur les mois précédents.

Cette hausse des fonds en euros, dont la mort est régulièrement annoncée à l’aune de la chute des rendements autour de 1%, peut s’expliquer par la réouverture des distributeurs, notamment externes, qui placent toujours le fonds en euros au cœur de leur offre.

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Les UC représentent 37% de la collecte

Ces dernières années, les assureurs ont cependant mis en place des politiques commerciales, souvent coercitives, pour favoriser les unités de compte, un support au capital non garanti, au détriment des fonds en euros garantis, dont le coût en fonds propres devenait prohibitif en période de taux bas.

Les UC confirment d’ailleurs en mars leur place dans l’assurance-vie, avec 4,7 milliards d’euros de collecte brute, l’un des meilleurs mois, profitant manifestement pleinement de l’embellie de la Bourse depuis le début de l’année. Les unités de compte représentent 37% de la collecte et 36% en moyenne sur le premier trimestre.

Le niveau en retrait par rapport à janvier et février s’explique par la hausse des prestations (rachat ou rachat partiel), en général stables d’un mois sur l’autre, excepté en fin d’année, à 11,6 milliards d’euros. « Ce n’a rien d’inquiétant ; la hausse est tout simplement corrélée à la croissance des encours de l’assurance-vie », estime Facts & Figures.

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Soutien à l’économie

Pour la FFA, le goût retrouvé des Français pour l’assurance-vie est une bonne nouvelle pour l’économie alors que 60% des placements des assureurs-vie sont investis dans le financement des entreprises. Un rappel opportun à l’heure où les assureurs, via l’épargne de leurs assurés, ont mobilisé quelque 11 milliards d’euros pour le dispositif de Bercy sur les prêts participatifs.

À l’heure où les Français (surtout les plus aisés) accumulent des monceaux d’épargne pendant les périodes de restrictions sanitaires (160 milliards d’euros de surplus d’épargne en 2020 et 2021 selon la Banque de France), les pouvoirs publics ont en effet pour priorité de flécher cette épargne vers la consommation ou les entreprises.

Pour autant, la vitalité retrouvée de l’assurance-vie n’a en rien entamé la vigueur de la collecte sur les livrets au premier trimestre (14,6 milliards d’euros). « On constate toujours une prudence d’une partie des Français vis-à-vis de l’épargne non-garantie. C’est ce qui explique le pourquoi d’une collecte nette moyenne de l’assurance-vie au regard des meilleures années. C’est également ce qui explique le pourquoi d’une forte croissance en parallèle des encours du Livret A et de l’épargne logement », explique Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures.

« Les Français n’ont pas encore réellement décidé de réallouer leur épargne « Covid ». L’attentisme est de mise compte tenu du haut niveau d’incertitudes. La préférence pour la liquidité et la sécurité demeure forte. Les arbitrages entre consommation/épargne longue/épargne courte seront réalisés au cours du second semestre », confirme, de son côté, Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.

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Bonne tenue de l’épargne retraite

Pour inciter les épargnants à privilégier une épargne de long terme, les assureurs misent également sur le plan d’épargne retraite (PER), un produit entièrement relooké par la loi Pacte de 2019. Avec un certain succès.

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La FFA souligne en effet la croissance « particulièrement dynamique » du PER (dont la version individuelle est comptabilisée dans la collecte de l’assurance-vie), avec près de 90.000 nouveaux contrats en mars (dont 25.000 issus de transferts) et une collecte de plus d’un milliard d’euros. La production nouvelle (hors transferts) est ainsi en hausse de 156% par rapport à mars 2020. Au total, les encours du PER sont de 18 milliards d’euros à la fin mars.

« Nous constatons une énorme montée en puissance de la retraite dans les flux de collecte », confirme Jean-François Garin, directeur général de Groupama Vie. Qui précise : « Aujourd’hui, le PER représente près de 40% de nos affaires nouvelles dans l’activité épargne/retraite ». Il est vrai que Groupama a lancé le produit parmi les premiers et affiche une part de marché sur ce segment supérieure à sa part de marché naturelle.

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Coup de fouet sur la capitalisation

Ce type de produit est susceptible de donner un nouveau coup de fouet à la retraite par capitalisation (avec possibilité de sortie en capital en une fois ou fractionné et déblocage anticipé), mais, au passage, aux UC.

La loi Pacte prévoit en effet des profils d’investissement par défaut, qui privilégient les UC, en fonction des tranches d’âge. Le principe est simple : plus on est jeune, plus le taux d’UC dans le contrat est important, parfois même de 100%. En moyenne sur le marché, le taux d’UC dans le PER est de 70% en UC et de 30 % en fonds euros, soit presque l’exact reflet inversé de l’assurance-vie.

« Ce qui est très impressionnant, c’est la prise conscience des Français sur la retraite depuis 2016, y compris et surtout auprès des plus jeunes générations. Selon nos enquêtes, deux tiers des jeunes actifs estiment, à tort d’ailleurs, qu’ils n’auront pas de retraite. La retraite devient un vrai sujet de société et d’épargne », souligne Jean-François Garin.

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