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Le groupe Socri Reim lève 33 millions d’euros et accélère sur le créneau des villas de luxe à Miami

Le groupe Socri Reim lève 33 millions d’euros et accélère sur le créneau des villas de luxe à Miami

Le groupe l’avait annoncé il y a deux ans déjà : il veut doubler de taille à horizon 2030. Socri Reim, spécialiste de l’immobilier commercial de centre-ville, propriétaire notamment du Polygone de Béziers, copropriétaire (avec Socri Promotion) du Polygone de Montpellier et porteur de projets en France et à l’étranger, annonce le 19 mai avoir bouclé un financement de 33 millions d’euros auprès de partenaires bancaires.

« Il s’agit de crédits en fonds propres, et non d’une augmentation de capital, précise Nicolas Chambon, président de Socri Reim à La Tribune, en amont de la conférence de presse qu’il donne ce 19 mai. Nous avons bouclé ce financement auprès du Crédit Agricole du Languedoc, qui est notre partenaire depuis dix ans, du Crédit Agricole Provence Côte d’Azur, du Crédit Agricole Centre France et de la caisse Banque Populaire Méditerranée, également notre partenaire depuis dix ans. Cela fait deux ans que nous travaillons sur ce financement, et l’avoir bouclé dans cette période de tempête, en pleine crise Covid et fermeture des commerces, prouve la confiance que nous accordent nos partenaires bancaires et financiers. Cela signifie aussi qu’au-delà du pessimisme ambiant sur les foncières en immobilier commercial, il y a de l’avenir dans nos métiers. Cela démontre aussi la pertinence et la résilience de nos actifs. »

La pertinence des centres commerciaux à ciel ouvert

Pourquoi autant de moyens sonnants et trébuchants ? Le groupe immobilier a des ambitions. En France mais aussi à l’international. Et tout d’abord sur ses activités historiques en immobilier commercial, dont Nicolas Chambon assure que « le contexte sanitaire et la loi Climat nous confortent dans notre choix de centres commerciaux urbains à ciel ouvert (c’est le cas de celui du Polygone de Béziers et du Polygone Riviera à Cagnes-sur-Mer, ouvert en 2015, 75.000 m² de commerces, équipements de loisirs, art et culture, NDLR). Ils sont restés ouverts quand les autres fermaient. Nous n’avons jamais pratiqué l’étalement urbain, préférant intégrer nos centres commerciaux dans le tissu urbain, avec des projets verticaux et mixtes ».

« Ce qui a permis la croissance du groupe ces dernières années, c’est le rachat du Polygone de Béziers en 2012 et le développement du Polygone Riviera, ajoute Nicolas Chambon. Le Polygone de Béziers a enregistré de très bons résultats entre 2013 et 2019, avec une augmentation de 33% de chiffre d’affaires. On est passé de 100 à 150 millions d’euros en six ans. Des travaux de rénovation pour 10 millions d’euros ont été réalisés en 2020, et le chiffre d’affaires 2020 des commerces, hors périodes de fermeture et hors activités restauration et loisirs fermées, a augmenté de 15%. L’arrivée de l’enseigne Maison du Monde a boosté l’activité. C’est rassurant pour la réouverture. »

Accélération à Monaco

Mais ce qui a vraiment permis le développement du groupe ces derniers mois, malgré la crise sanitaire, c’est l’international, où le dirigeant annonce une très bonne résilience sur l’immobilier de bureaux au Luxembourg – « tous les loyers ont été payés » – et une accélération du projet monégasque, vaste projet de renouvellement urbain initié par le Gouvernement princier de Monaco afin de redynamiser l’offre commerciale et résidentielle du quartier de Fontvieille. Le projet prévoit de doubler les surfaces de commerce existants pour passer à 30.000 m2, d’intégrer un complexe cinématographique, de repenser l’offre de stationnement, de reconfigurer les bureaux existants et de créer 41 logements domaniaux.

« Nos activités à Monaco n’ont pas été ralenties par la crise, on a même accéléré, explique Nicolas Chambon. Le projet est prioritaire pour la Principauté car générateur de recettes. Nous déposerons le premier permis de construire en fin d’année, et il faut compter environ trois ans d’études et trois ans de travaux. Nous visons une ouverture en 2027. La crise sanitaire a amené à s’interroger sur les surfaces de bureaux, en raison du télétravail qui va être plus important qu’avant le Covid. Il est donc question d’augmenter l’offre commerciale au détriment des bureaux car la demande est très forte à Monaco. »

Le président de Socri Reim dit garder un œil sur toute opportunité d’immobilier commercial qui se présenterait : « Nous allons poursuivre notre métier de développeur… Nous avions repris les Galeries Lafayette de Béziers avec le groupe Planète Indigo en 2016 et le magasin a enregistré en trois ans une augmentation de 35% du chiffre d’affaires, qui était de 6,5 millions d’euros en 2019. Cela nous amène à réfléchir à d’autres partenariats de ce type donc nous continuons de regarder des dossiers comme celui-ci. »

Des villas entre 10 et 20 millions de dollars

L’autre axe stratégique de croissance, c’est une activité démarrée de manière discrète en 2018 dans un souci de diversification : de la promotion immobilière résidentielle, avec des villas de luxe les pieds dans l’eau, en plein cœur de Miami. Un marché prometteur et lucratif, si l’on en croit Nicolas Chambon.

« Nous avons déjà acheté deux terrains, dont un sur Miami Beach, qui en deux ans ont déjà gagné 34% en valeur, grâce à l’arrivée d’investisseurs depuis la côte Est et la côte Ouest qui viennent télétravailler à Miami, indique le dirigeant. Une villa à Miami offre une marge équivalente à 300 logements à Montpellier… On se dit « opérateur de haute couture », c’est à dire peu de projets mais des gros. Il y a une culture américaine du time-to-market rapide : nous, nous allons moins vite mais nous allons chercher de la qualité. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les réseaux français, comme la Chambre de commerce franco-américaine ou le réseau des expatriés. Nous avons les deux permis de construire et les travaux seront lancés en fin d’année sur les deux terrains. Ce sont des villas 500 à 600 m2, que nous vendrons entre 10 et 20 millions de dollars. Nous ambitionnons une production de villas à raison d’une tous les deux ans. A horizon 2030, la part de l’international devrait représenter un tiers de nos activités. »

En 2019, année plus significative que 2020, impactée par la crise sanitaire, Socri Reim avait réalisé un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros, « sachant que nous avons triplé notre chiffre d’affaires entre 2013 et 2019 », précise Nicolas Chambon. Le groupe emploie 60 personnes en France, au Luxembourg, à Monaco (3 personnes) et à Miami (une personne).

« Nous avons déjà pas mal anticipé notre croissance et nous procéderons donc plutôt au renforcement des équipes à Miami et Monaco », annonce le dirigeant.

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