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Quand les coworkers rentabilisent de nouveau les bureaux vacants

Quand les coworkers rentabilisent de nouveau les bureaux vacants

La pandémie va t-elle sonner le glas de l’inoxydable bail « 3/6/9 » ? En précipitant le changement des habitudes de travail, le coronavirus a aussi accéléré les bouleversements que l’on sentait poindre depuis un moment dans l’immobilier de bureau.

Le boom du travail à distance a achevé de ringardiser le bureau tel qu’on le concevait dans le monde d’avant. S’y rendre cinq jours sur sept n’est plus la norme. Remèdes anti-routine pour les uns, gisement d’économies pour les autres, le flex office et le « corpoworking » (un coworking dans l’entreprise), hier apanage des startups, gagnent tous les pans de l’économie.

« Les entreprises recherchent de plus en plus souvent des lieux de travail hybrides et flexibles qui les poussent à s’affranchir des baux traditionnels. C’est vrai pour les jeunes pousses mais aussi des sociétés du CAC 40 » constate Pierre-Henri Dekeyser, directeur général de Now Connected.

Fruit d’une alliance entre le premier gestionnaire de propriétés européen BNP Paribas Real Estate (BPRE) et la société rouennaise Now Coworking, la co-entreprise Now Connected capitalise sur cette nouvelle tendance. Sa spécialité ? Aménager des espaces de travail partagé dans des plateaux de bureaux délaissés par leurs locataires ; mais aussi dans des programmes neufs en quête de la caution « cool » et moderne que confère le coworking.

« Nous accompagnons aussi bien un utilisateur en quête d’un nouveau bail, un propriétaire qui souhaite louer son immeuble, ou un promoteur qui cherche à convaincre pour construire et vendre un actif tertiaire », détaille Lauric Leclerc, directeur général délégué de BPRE.

Un modèle économique emprunté à l’hôtellerie

Pour transformer les lieux dont il se voit confier la gestion, Now Connected duplique à l’identique les recettes éprouvées, avec succès, dans le réseau de Now Coworking (Rouen, Lyon, Lille, Marseille et Bordeaux et bientôt Nantes). On y retrouve sa marque de fabrique : mobilier et agencement design, bureaux privatifs ou partagés, grands espaces de convivialité, salles récréatives, esprit communautaire, événements quotidiens, workshops thématiques… Tout est pensé pour retenir les usagers des lieux, explique Maxime Givon, directeur général de la société rouennaise.

« Il suffit de deux clics à un utilisateur pour partir puisque nous ne demandons ni bail, ni préavis, ni caution. Aussi, avons-nous l’obligation de les fidéliser avec une qualité de prestations impeccable ».

La formule proposée avec BPRE semble faire mouche. Créée fin 2020, la co-entreprise a ouvert trois sites en l’espace de quelques mois en Ile-de-France (à la Plaine Saint Denis, à la Défense et à la Garennes Colombe) et se prépare à en inaugurer six autres dans plusieurs villes. Le prochain à venir sera situé porte d’Orléans à Paris où elle transforme le premier étage d’un immeuble multi-locataires à la suite du départ avant terme de l’un de ses occupants, en l’occurrence un grand laboratoire pharmaceutique.

« Comme à chaque fois, nous avons proposé au propriétaire (un investisseur institutionnel ndlr), un contrat de profit sharing sur le modèle de ceux pratiqués dans l’hôtellerie » précise Pierre-Henri Dekeyser.

La promesse de rendements alléchants

A Lille, c’est sur la tour Lille Europe, située juste au-dessus de la gare TGV éponyme que la société a jeté son dévolu dans l’idée de ferrer des travailleurs nomades. A Rouen, c’est dans un immeuble neuf en cours de construction par la Foncière du Crédit Agricole Normandie Seine que logera un nouvel espace de coworking de 2.500 m2. Stéphane Roger, patron de la Foncière, salue ce partenariat.

« Nous sommes attentifs à couvrir tous les besoins des entreprises à tous les stades de leur maturité, justifie t-il. Aussi, avons-nous jugé important de disposer de ce type de biens dans notre portefeuille et de nous appuyer sur un opérateur expérimenté pour le gérer ».

Il faut dire que Now Connected promet des rendements alléchants de l’ordre de 50% supplémentaires sur le prix du m2 dans les villes de province et de 5 à 20% en Ile-de-France. « La mise en place de cette solution donne la possibilité de commercialiser les surfaces de bureaux traditionnels de façon optimisée », assure son directeur général.

Lequel s’est donné pour ambition d’ouvrir 75 nouveaux sites dans les cinq prochaines années. Et, à moyen terme, d’essaimer le concept dans d’autres pays européens. Au vu de son démarrage sur les chapeaux de roues, l’objectif semble atteignable.

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