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Société Générale AuRA : les chantiers du nouveau délégué général, Didier Pariset

Société Générale AuRA : les chantiers du nouveau délégué général, Didier Pariset

« Pur produit du Crédit du Nord« , selon ses propres mots, Didier Pariset est revenu à Lyon, sa ville natale, pour endosser la fonction de délégué général de la délégation régionale Auvergne Rhône-Alpes du groupe Société Générale.

En poste depuis le 1er mars dernier, il succède ainsi à Karim Idrissi. Avant de revenir à Lyon, Didier Pariset assurait la direction Nord-Ouest du Crédit du Nord. Cet ingé­nieur Arts et Métiers (ECAM) et diplômé de l’ESSEC de 58 ans avait rejoint le Crédit du Nord en 1988, où il a ensuite occupé plusieurs postes sur le marché des entreprises avant d’assumer des rôles de direction.

Sa nomination n’était pas neutre, puisqu’elle survient dans un contexte de fusion-absorption du groupe, annoncé en septembre 2020, avec le Crédit du Nord. Cette prise de poste prend donc effet « dans le cadre d’un échange croisé pour faciliter la fusion des deux groupes ».

Aux yeux de la direction, il pourrait constituer un atout, car il connait bien les rouages du Crédit du Nord et de ses filiales, mais aussi leur culture d’entreprise, qui diffère de celle du groupe Société Générale. Car parmi les 9 filiales du Crédit du Nord, toutes présentent un fort ADN régional ainsi qu’un regard tourné vers la clientèle Entreprises et haut de gamme.

Une nomination au cœur de la fusion

Depuis quelques mois, Didier Pariset se retrouve désormais à la tête d’un réseau régional de la Société Générale qui emploie près de 2.000 collaborateurs au sein de 200 agences, mais aussi d’un centre de relation clients, d’un back-office et de plusieurs centres d’affaires locaux et régionaux.

La banque au logo rouge et noir dénombre à l’échelle de ce territoire près de 700.000 clients particuliers, 24.000 clients professionnels et tout autant de clients entreprises. Elle affiche un PNB (équivalent de son CA) de 500 millions d’euros.

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De son côté, le Crédit du Nord est lui aussi implanté pour l’heure en Auvergne Rhône-Alpes à travers trois filiales : la Banque Rhône-Alpes (présente sur neuf départements à partir de son siège, basé en Isère), Banque Laydernier (siège en Savoie) et la Banque Nuger (Auvergne), soit environ 1.035 collaborateurs et 133 agences. La fusion de ces deux groupes devrait ainsi permettre de bientôt regrouper quelques 330 agences et 3.200 salariés.

Au niveau national, ce projet de fusion vise également à réduire les coûts de 450 millions d’euros d’ici 2025. Répondant au nom de Vision 2025, il se détaillera en plusieurs étapes.

Pour le nouveau délégué général, il permet surtout de « rassembler nos forces ». Avec d’un côté, »l’ancrage territorial du Crédit du Nord, et des agences à fortes responsabilités » et de l’autre, « la Généraliste, qui apporte le côté digital et relation client. » Le tout en migrant vers une unique plateforme numérique.

« Il est cependant trop tôt pour donner une feuille de route ». Didier Pariset « ne souhaite pas s’étendre sur la fusion« , encore en cours de mise en place au niveau juridique.

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Les premiers objectifs devaient être connus fin 2021, afin de pouvoir ensuite « présenter un parcours social aux instances représentatives. » Avec déjà, des engagements évoqués : un objectif de zéro licenciements, et uniquement des départs volontaires ou des réorientations, réaffirme la direction.

L’absorption devrait être effective pour fin 2022, le basculement informatique de l’ensemble des clients pour début 2023 et « la création d’une culture commune d’entreprise, qui va prendre plus de temps », admet Didier Pariset.

« Un projet ‘big bang’, porteur de risques d’exécution très élevés »

Les représentants du personnel s’étaient d’ailleurs montrés très vigilants au cours des derniers mois quant aux impacts de ce projet et son calendrier.

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« Nous avons peur de servir de ‘patch’ aux difficultés de la Société Générale », avait exprimé Ysabel Guadamuro, déléguée CFDT Banque-Rhône-Alpes, à la Tribune AuRA en avril dernier.

« Dans ce deal, nous allons leur ramener nos propres clients. Mais si nous conservons les méthodes de la Générale ainsi que leur mode d’organisation, nous allons au-devant d’une grande perte de valeur ajoutée, qui se traduira par une perte de clients beaucoup plus importante que le taux d’attrition, actuellement chiffré à 2% », estimait-elle.

Sa réaction faisait suite au rapport rendu en avril par la Secafi, expert indépendant mandaté par le Comité d’entreprise (CSE) du Crédit du Nord, pour étudier le rapprochement des deux groupes. Rapport qui décrivait « un projet ‘big bang’, porteur de risques d’exécution très élevés ».

« Ce rapport conforte malheureusement nos craintes, à savoir que le projet de fusion n’est motivé que par une question de réduction des coûts. Il peut s’agir d’un objectif, mais l’on ne peut pas occulter la définition d’un projet à moyen terme. Que deviennent nos clients dans cette histoire ? », faisait valoir Ysabel Guadamuro à La Tribune AuRA.

« En moins de deux ans, la direction veut mettre en place un nouveau système d’information, absorber toutes les fonctions, réorganiser les deux réseaux, supprimer des agences, former le personnel à des nouveaux métiers que l’on ne connaît pas… On veut aller beaucoup trop vite », décrivait Joséphine Laforêt, déléguée CFDT de la Banque Laydernier, à La Tribune AuRA en avril.

« Le digital, le centre de relation client et les agences, sont les trois piliers complémentaires »

A ces inquiétudes, la mission du nouveau délégué régional sera avant tout de rassurer :

« Sur les agences, oui, il va y avoir une réduction du maillage, mais c’est un mouvement qui se passe à travers la France et l’Europe. L’intérêt de la fusion, c’est d’optimiser le maillage et de regrouper les agences. 60 % des agences du Crédit du Nord sont à moins d’un kilomètre de celles de la Société Générale, donc elles vont être regroupées », explique Didier Pariset.

Les postes ne seraient a priori pas dupliqués, mais « il n’y aura pas de départ contraint, le turn-over, qui représente environ 1.500 personnes par an, devrait permettre d’atteindre les objectifs. »

D’ailleurs, le groupe Société Générale veut démontrer également qu’il demeure un vecteur d’emploi à l’échelle régionale : car malgré ce contexte, il affiche sa volonté de continuer de recruter. Il mène chaque année en moyenne 140 à 150 embauches en CDI par année, assorties d’une centaine de CDD.

A l’intérieur de ces embauches, environ 80 d’entre elles sont habituellement fléchées vers son centre de relation clients, situé en plein centre de Lyon. Il est l’une des quatre structures de ce type en France, et se pose comme un atout pour la délégation régionale, que la direction souhaite mettre en avant.

« Ce centre prend de plus en plus de place au sein des interactions, et c’est une filière qui recrute », souligne le délégué général. Traitant les appels venus de toute la France, cette entité fêtera ses vingt ans cette année et sera appelé à perdurer, garantit le groupe, dans la nouvelle entité. « C’est un élément important pour nous, car les relations à distance entre les clients et leur banque se développent ».

Une occasion, pour son nouveau directeur général, d’affirmer sa propre vision quant à l’avenir du réseau : « le digital, le centre de relation client ainsi les agences représentent bien trois piliers complémentaires pour le groupe ». Un nouveau credo pour une future entité, qui devra continuer de faire face à la concurrence en ligne ?

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