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Crédit immobilier : l’assurance devient plus chère que les intérêts

Crédit immobilier : l’assurance devient plus chère que les intérêts

Payer au final son assurance de prêt plus cher que les intérêts eux-mêmes : telle est désormais la situation d’une bonne partie des emprunteurs. Généralement imposée par la banque, cette assurance permet de rembourser le crédit si l’emprunteur décède ou s’il est empêché de travailler. Son taux s’ajoute au taux d’intérêt et fait partie du taux annuel effectif global (TAEG), qui indique à l’emprunteur combien lui coûtera l’ensemble du crédit et permet de comparer les offres.

Les banques proposent systématiquement l’assurance avec le crédit, par le biais de leurs filiales, et « les emprunteurs se polarisent sur le taux d’intérêt, sans regarder les frais annexes, alors que c’est désormais le coût de l’assurance qu’il faut scruter », déplore Toufik Gozim, fondateur d’Assurly, une start-up spécialisée dans l’assurance emprunteur.

Alors qu’il y a quelques années, l’assurance pesait généralement déjà lourd, entre 30 % et 50 % du coût total du crédit immobilier, dans un contexte de taux d’emprunt bas, elle peut désormais représenter de plus en plus souvent plus de 50 % de celui-ci, selon Magnolia.

« Il y a trois ans, seuls les emprunteurs seniors ou à risques, souffrant d’une pathologie ou pratiquant une activité dangereuse, voyaient le coût de leur assurance dépasser celui des intérêts. Maintenant, quasiment tous les emprunteurs de plus de 40 ans sont dans cette situation », regrette Astrid Cousin, porte-parole de ce courtier en assurances de prêt.

Concrètement, illustre Magnolia, cela signifie qu’un couple de 40 ans empruntant 350 000 euros sur vingt-cinq ans à un taux d’intérêt de 1,40 % paiera, sur la durée du crédit, 65 018 euros au titre du taux d’intérêt et 66 500 pour l’assurance. Et un couple de 55 ans empruntant 410 000 euros sur vingt ans à un taux d’intérêt de 1,10 % déboursera 46 950 euros pour le taux d’intérêt et 82 000 euros pour l’assurance.

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Belles économies à la clé

Qu’est-ce qui explique cette situation ? « Les banques ne gagnent plus suffisamment d’argent avec le crédit et se rattrapent sur l’assurance. Une banque réalise une marge moyenne de 50 % à 80 % sur une assurance emprunteur, elle ne va donc pas proposer à son client de faire jouer la concurrence », estime Mme Cousin.

Faire jouer la concurrence : seulement 12,40 % des emprunteurs l’ont fait en 2019, selon le Comité consultatif du secteur financier. Le cabinet d’expertise Banque Assurance Optimisation précise que le Crédit mutuel et le Crédit agricole (56 % des nouveaux contrats de crédit à eux seuls) n’ont accepté que 4 % d’externalisation de l’assurance en 2019.

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