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Les Français de plus en plus endettés, mais moins surendettés

Les Français de plus en plus endettés, mais moins surendettés

LES 20 ANS DU « MONDE ARGENT »

Il paraît loin, l’an 2000, avec son taux d’endettement des ménages français de 53 % ! Et pour cause : ce dernier a fini par dépasser, fin septembre 2020, les… 100 % du revenu disponible brut. Tout un symbole… Ce doublement sur vingt ans seulement résulte d’un boom de l’encours des crédits aux particuliers, passé de 404 à 1 360 milliards d’euros, sans hausse équivalente des revenus.

C’est surtout le dynamisme des crédits à l’habitat qui joue : la dette immobilière des ménages a été multipliée par quatre en vingt ans. L’endettement immobilier constituait 68 % de l’encours des crédits aux particuliers fin janvier 2001, contre 84 % deux décennies plus tard.

Certes, le taux d’endettement des ménages français ne détonne pas dans la zone euro – il n’est que légèrement supérieur à la moyenne (environ 97 %) – et n’atteint pas les niveaux américain (128 %) et britannique (126,2 %). Mais son évolution frappe : « La France se singularise par une hausse persistante de l’endettement des ménages depuis vingt ans, contrairement aux autres principaux pays avancés [qui ont souvent vu ces taux se stabiliser ou fléchir entre 2009 et fin 2019] », notait fin 2019 le Haut Conseil à la stabilité financière. Ici, « l’endettement des ménages rapporté au revenu disponible brut n’a pas baissé, même pendant la crise financière de 2008 ».

Le crédit à la consommation mieux encadré

Cela dit, la forte hausse du taux d’endettement ne s’est pas traduite par une explosion du surendettement sur la période. Au contraire. Sur les vingt ans, le nombre de dossiers de surendettement déposés en France a diminué, de 138 000 en 2001 à 109 000 en 2020.

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De 2001 à 2011, le nombre annuel de dépôts de dossiers avait commencé par grimper considérablement, jusqu’à 232 493. Ce n’est qu’à partir de 2015 que le ciel s’est éclairci. Résultat : après six années consécutives de baisses, les ménages ont été, en 2020, 53 % moins nombreux qu’en 2014 à déposer un dossier de surendettement.

Il faut dire qu’il y a une dizaine d’années, les pouvoirs publics ont pris les choses en main, en encadrant davantage le crédit à la consommation, notamment les fameux crédits renouvelables. Ces séduisantes « réserves d’argent » librement utilisables et qui se reconstituent au fil des remboursements sont accusées de favoriser le surendettement par leur cherté en intérêts et leur souplesse d’utilisation, qui peut inciter à l’emprunt irréfléchi.

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